Les journées de la mémoire
Les vendredi 22 et samedi 23 octobre 2010, la Ville de Chenôve et l'Amicale Nationale des Déportés et Familles de Disparus du camp de Natzweiler-Struthof ont organisé des Journées de la Mémoire. Elles ont eu pour fil directeur le film « Au plus profond de la nuit » produit par la Ville de Chenôve (réalisation Jean-Marc Bordet - Unité de Production Vidéo).
Ce documentaire est basé sur le témoignage de huit rescapés du camp de concentration de Natzweiler-Struthof, le seul camp nazi situé sur le territoire français, en Alsace annexée. Là, périrent et souffrirent des milliers de déportés « NN » (pour « Nuit et Brouillard », « Nacht und Nebel », en langue allemande).
La « première officielle » de ce film a été animée par le journaliste Ivan LEVAÏ, vendredi 22 octobre à 20h à la Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville de Chenôve.
L'ensemble de la manifestation - soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Déportation et parrainée de hautes personnalités - s'est déroulé en présence de plusieurs des survivants du Struthof et de grands spécialistes français de la Résistance et de la Déportation.
Pourquoi les journées de la Mémoire ?
Les Journées de la Mémoire ont pour but de
rappeler les faits,
transmettre les témoignages,
expliquer,
permettre les rencontres et les échanges entre les générations,
donner les clefs pour mieux comprendre le passé et
mieux appréhender le présent et l'avenir.
Elles doivent contribuer de manière active à la lutte contre le silence, l'oubli et le mensonge, au nom du devoir de mémoire et d'histoire auquel la Municipalité de Chenôve est particulièrement attachée.
Depuis une vingtaine d'années, la Ville de Chenôve - par l'intermédiaire notamment de son Unité de Production Vidéo - mène dans ce domaine une action particulièrement originale et exemplaire (films « Le dernier témoin », « 20 minutes d'enfer », « Alix Lhote, la ligne d'une vie »). Cette action forte, emblématique, mais aussi pédagogique à l'attention des jeunes générations, la Ville de Chenôve a décidé de l'intensifier encore face à l'inéluctable disparition des derniers témoins directs de la Résistance et de la Déportation : une collecte de grande envergure de leur parole a été engagée, qui aboutira à leur restitution progressive sous la forme d'une série de films documentaires. « Au plus profond de la nuit » en constitue le premier volet.
Filmer et témoigner contre l'oubli ... Découvrir ensemble Les journées de la mémoire à Chenôve
Anciens résistants-déportés et historiens ont animé les Journées de la Mémoire, organisées à Chenôve, les 22 et 23 octobre derniers par la Municipalité et l'Amicale nationale des déportés et familles de disparus du camp de Natzweiler-Struthof. Alors que disparaissent un à un les derniers témoins directs de cette époque tragique de notre histoire, la Ville de Chenôve a fait le choix de « fixer leur parole sur la pellicule ».
En première officielle, a été présenté le film "Au plus profond de la nuit" réalisé par l'Unité de Production Vidéo de la Ville de Chenôve, en présence de rescapés du camp. Plus que jamais, l'histoire avait rendez-vous avec la mémoire ! Quant à l'émotion, elle a été palpable tout au long de ce rendez-vous marquant qui n'en restera pas là ...
La Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville était comble vendredi 22 octobre où près de 400 personnes avaient fait le déplacement pour découvrir ce nouveau documentaire de l'Unité de Production Vidéo de la Ville de Chenôve. Réalisé par Jean-Marc Bordet d'après les témoignages de rescapés du camp de Natzweiler-Struthof, ce film retrace le destin hors du commun de ces jeunes résistants de 18 ou 20 ans qui payèrent très cher leur engagement. Au fil des témoignages, le spectateur découvre ainsi toute l'horreur du système concentrationnaire nazi. Persécutions, sous-alimentation, privations, humiliations,... rien n'aura été épargné à ces hommes dont beaucoup mourront sur place, sous leurs yeux...
Pourquoi est-il si nécessaire de parler encore de ces événements si douloureux, jusqu'à l'insupportable ?
La réponse du Maire, Jean Esmonin, est sans ambigüité : « il est indispensable de constater les dérives des hommes, d'analyser les mécanismes de l'horreur, de les souligner inlassablement pour espérer éveiller les consciences, en tout cas empêcher qu'elles ne s'endorment ».
La Mémoire est une composante essentielle de notre patrimoine commun, vitale pour appréhender le présent et construire l'avenir. C'est là le sens profond de ce « travail de mémoire » voulu par la Municipalité de Chenôve et mis en oeuvre, notamment, par son Unité de Production Vidéo.
A l'issue du documentaire, le public a observé quelques secondes de silence avant le temps de l'échange avec les anciens résistants-déportés et le journaliste de France Inter Ivan Levaï, venu spécialement à Chenôve pour l'occasion. « On savait qu'on prenait des risques...Si c'était à refaire, je le referais ! », affirme avec conviction Pierre Rolinet, le Président de l'Amicale. Pourtant, il a vécu l'innommable au quotidien, sans oublier de rappeler qu'il ne doit sa survie qu'à la solidarité de ses camarades qui partageaient la nourriture pour en faire bénéficier les plus faibles d'entre eux. Depuis lors, animés d'une détermination sans faille, tous témoignent dès qu'ils en ont l'opportunité.
Les débats
Le lendemain matin, un panel d'historiens composé de Valérie Drechsler, Yves Lescure, Robert Steegmann, FrançoisMarcot, Serge Wolikow et Jean Vigreux a démontré avec brio l'aspect crucial de ce « travail de mémoire » et du « devoir d'histoire ».
Ces Journées de la Mémoire se sont révélées dignes du soutien moral que plusieurs parrains prestigieux leur avaient accordé (Robert Badinter, Edgar Morin, Yves Guéna, Marie-José Chombart de Lauwe). Elles auront constitué un temps fort de la vie citoyenne locale.
D'ores et déjà, de nouveaux rendez-vous sont programmés pour poursuivre l'oeuvre ainsi entreprise et pour que la parole de ces derniers témoins revenus du « plus profond de la nuit ».
Les Hommages
A l'issue des débats, un moment de recueillement a été observé au premier étage de l'Hôtel de Ville, devant la plaque à la mémoire de l'ancien Maire de Chenôve, Marcel Naudot.
A cette occasion, a aussi été évoqué le souvenir indissociable de son ami résistant Maxime Guillot. Les commémorations se sont achevées devant le Monument aux morts, en présence du Comité d'Entente de Chenôve des Anciens combattants et des Porte-drapeaux. A également été honorée la mémoire de Pierre Meunier, résistant et compagnon de Jean Moulin au sein du Conseil National de la Résistance, devant la stèle qui porte son nom sur le parvis de l'Hôtel de Ville.
Les jeunes aussi En marge des manifestations tout public, des projections et des rencontres-débats avec d'anciens résistants déportés ont réuni plus de 200 jeunes du collège Edouard Herriot, du lycée professionnel Antoine Antoine et du lycée Stephen Liégeard de Brochon. La qualité de l'écoute et l'intensité des échanges ont démontré, s'il en était besoin, l'importance cruciale de la transmission entre générations.



